Le debarquement familial, sauce tunisienne

Chez nous, les sudistes,  quand tu as un cousin ou on oncle a Tunis, c’est comme si tu avais outeel sahhénnoum, tu prends ta valises et tu DEBARQUES!.

C’est encore mieux si la famille chez qui tu vas est accueillante, tu apportes parfois des fruits ou rien c’est pareil, tu seras bien recu.

Chez nous c’est outeel sahhénnoum, que ce soit pour etudier , se soigner, faire des courses ou tout simplement changer d’air, il suffit de sonner a la porte, au petit matin ou à  minuit, et  tu sais que tu a nourrir et gite et parfois argent de poche, pour toute la periode que tu dois passer,  puisque la famille “untel” est bienveillante.

Tu peux meme venir faire des etudes a Tunis, à§a a ete le cas pour de nombreux cousins et oncles, il faut dire que c’est normal, j’ai toujours trouvé à§a tres logique, non? ben quoi il n’y pas d’autre solution, la famille est là  pour Ca!, ( non, le foyer ou louer un appartement, et de certains l’ont fait, mais qui va te donner cet amour et cette presence, et ces delicieux repas tous préparés? hein?)

Et puis un jour ces personnes finissent leurs etudes, parmi lesquelles une de mes fameuses cousines, le droit, on ne blague pas avec,  et puis elle les a terminées ces etudes, puis elle a disparu, le jour de sa soutenance, elle ne m’a pas appelé, et puis evidement plus rien, sauf hier, pour avoir des nouvelles de mon pere…

Son frere par contre, qui a fait sciences eco, il est vraiment plus gentil, lui….

Une autre cousine disparait et repapparait au gre de ses stages et formations..

Une autre a  par contre disparu, apres ses etudes a paris, sauf lors de son mariage et puis plus rien,

Mon autre cousin qui a essayé de faire medecine….

Bon la liste est longue, seuls quelques personnes restent en contact avec nous apres y avoir sejourné et ce sont plus les hommes, les femmes sont-elles plus ingrates?Les sudistes sont-ils les seuls a avoir ”leur porte ouverte”?

Je ne vous raconte pas le debarquement, là  avec mon pere malade…la maison ne se desemplit pas, c’est gentil de leur part, mais venir dormir est autre chose… 

Ne savent-ils pas que leur presence est parfois pesante? Hier, je ne suis pas allee chez mes parents, je ne  voulais voir personne, sauf ma famille directe, et je les ai vu dehors, on a diné ensemble pour avoir un moment d’intimité et alleger et partager un tout petit peu la souffrance et la peur que l’on a avec l’operation de papa, puis on est partis demander de ses nouvelles  , de loin, juste pour etre un peu rassurés…

Cela m’a fait plaisir de revoir mes jeunes oncles, feu mon grand-pere ne s’est pas contenté d’un seul mariage a l’epoque …, des histoires d’heritage nous avaient eloignés.

Bien qu’a son deces,  mon pere n’a pas touché a son heritage et l’a laissé a ses feres et soeurs pour ne pas defragmenter la famille…et je le respecte pour à§a et appuie sa decision…

La famille est-elle un mal necessaire? oui je le pense sincerement, et si j’avais a refaire la meme chose que mes parents, ma porte serait egalement ouverte, le respect des parents et la famille sont l’essence meme de notre existence, je ne serai rien sans mes cousins et cousines car je sais que lorsque je vais chez eux, je suis acueillie a tout moment comme une princesse, comme ils l’ont ete chez moi.

Savoir que l’autre existe, quelque part, et avoir cette latitude de partir là  ou on sait qu’on a de la famille est quelque chose d’extraordinaire, j’espere que mes enfants apprendront aussi cette valeur vehiculée chez nous depuis des generations, de plus, je suis certaine que ma mere est contente de leur presence, de la compagnie peut-etre en a-t-elle besoin a ce moment si difficile?…

4 Responses to “Le debarquement familial, sauce tunisienne”

  1. anonyme‎ says:

    Dans les années 40 et 50 mon grand acceuillait une dizaine d’étudiants Djerbiens venus étudier à La Zitouna, il leur assurait le gîte dans un makhzen au bas de l’immeuble ou il habitait , ma grand-mére, non seulement cuisinait pour tout ce beau monde , mais aussi leur lavait le linge , faisait le ménage dans leur makhzen etc… ils prenaient leur argent de poche chez mon grand pére , ces gens là sont jusqu’a ce jour reconnaissants à mes grands parents et me le rappellent à chaque fois que je les rencontre , en me racontant bien d’anecdotes de cette époque … ces etudiants n’étaient pas forcément de la famille, mais sont tous originaires de la même région à Djerba de mon grand pére . ce systéme existe encore de nos jours dans certaines communautés notament les gens de Matwiyya et de Douiret .

  2. dooda says:

    @anonyme, cela me fait plaisir de voir que vous etes fier de ce passé, je vous remercie pour ce temoignage…

  3. Bravo pour ce post, mon père est aussi sudiste, ce que tu racontes se colle exactement à des réalités qu’on a vécu.
    L’hébergement, les soins, les …. et même le truc d’héritage.

    Yé hasra 3ala ness bekri.

    De toute façon ma mère qui est sfaxienne a hérité ce partage de mon père, sa maison est toujours ouverte pour l’oncle paternel de la tante maternelle de la cousine de la voisine du “houch” maison de mon grand-père

  4. dooda says:

    a temeraire: il est important que nos enfants ne detruisent pas ce qu’on a de plus precieux, la famille, el karam et le respect de l’autre…

Leave a Reply